Yin & Yang 阴 阳

Ma connaissance de ce qu’est le Yin & Yang est très mince. J’ai en tête les principes homme / femme et soleil / lune, ainsi qu’un vague savoir sur son importance et son application dans diverses cultures.

Ce que mon esprit en a synthétisé semble simplement être des compréhensions paisibles. Plus précisément :

  • d’un point de vue logique : la complémentarité est une notion plaisante et satisfaisante, qu’il me plait de voir dès que j’en ai l’occasion, car rassurante de combler une lacune en y associant un savoir (parfois quelconque).
  • d’un point de vue sensoriel : la synergie d’un sens (récepteur de message) avec son outil de décryptage (l’esprit), me donne de la « matière » empirique, qui me permet de me remémorer (notion de souvenir) et d’en revivre une esquisse comme si cela se produisant dans l’instant.
  • d’un point de vue spirituel : le tout est une concaténation, comme un aller / retour, vide / plein, etc. Comme ma respiration est à la foi une entrée et une sortie d’air, mais également le tout de ce mécanisme.

L’image d’une balance (celle tenant en équilibre lorsque des masses sont répartit également sur ses deux socles, comme celle de  la justice) ne me paraît pas pertinente, car il y manque ce que j’estime une clef importante dans la compréhension de cette notion de Yin & Yang : les parties inclusives l’une de l’autre.

La part Yin se trouvant dans Yang (et réciproquement), amorce en moi des questionnements très singuliers :

Sais-je différencier, dans ma réalité, une « chose A » d’une « chose B » ?
(exemple 1 : A est la chaussette, B est le pied)
(exemple 2 : A est le corps, B est l’esprit)
Même s’il m’est facile de discerner la différence entre la chaussette et le pied, dans la théorie (idée mentale) autant que dans la pratique (réalité subjective tangible), cela est plus difficile en ce qui concerne le corps et l’esprit : où commence l’un et où finit l’autre ? Des définitions peuvent m’aider, mais ma perception de leur différence réelle reste vague.

La chaussette sans le pied est juste la chaussette. Avec le pied dedans, est-elle encore la chaussette ? Mon mental ne me dis pas que les deux sont mélangés mais simplement très proche.
Leur contact fait-il d’eux deux choses inséparables ? Ma logique me dit que non. Mon savoir en physique (sur les atomes, les molécules, etc.) ne me permet pas de comprendre ce que la notion de « toucher » implique dans la définition de ce domaine. Mais je peux me dire que le pied est dans la chaussette, que la chaussette est autour du pied et qu’ils se touchent.
Si je ne sais pas à quel moment précis je peux me dire que mon esprit n’est pas mon corps (et réciproquement). Je devrais peut être trouver un nouveau terme pour ce tout.

Si je les différencie, puis-je entrevoir, cette « chose A » qui ne contiendrait pas un peu de « chose B » ?
Lorsque je retire mon pied de la chaussette, reste-t-il du pied dans cette dernière ? Je pourrais penser que oui, si des poils, des petits bout de peaux seraient pour moi une partie du pied. Pourtant, ces éléments du pieds, sont-il le pied ? Je considère que non. Le pied est un tout, englobant entres autres ces petits morceaux, tous assemblés les uns aux autres. Le terme pied représente donc un ensemble de choses. Mais finalement, si je porte une chaussette et que je veux désigner à quelqu’un que j’ai mal au membre en bas de ma jambe, je vais bien parler de « pied », en faisant abstraction de la chaussette.
Pour le corps et l’esprit, ne sachant pas comment les délimiter, comment savoir donc en terme de quantité (taille, volume, poids, etc.), lequel contient un peubeaucoup ou est l’équivalent de l’autre ?

Serais-je en mesure de déconstruire suffisamment de « A » pour être persuader que « B » n’y est pas ?
Lorsque je focalise ma compréhension sur les notions de « toucher » et de « tout », je me rends bien compte que les mots me permettent d’approfondir mes recherchent mentales, car ils sont l’essence même de la capacité de « classification » de l’esprit.
Mon approche pour explorer la question (ci-dessus), peut-être de me baser sur le domaine d’une science, comme par exemple la physique, pour tenter de m’expliquer le rapport entre « pied n’est pas chaussette », « pied contient un peu de chaussette » (et réciproquement).
Si l’approche était plus raisonnable, je me dirais que, part soucis de clarté de communication (par exemple lors d’une discussion avec quelqu’un), je préfèrais ne pas penser que tout est mélangé (dans le cadre de l’exemple A). En revanche pour l’exemple B, mon questionnement est clairement de ne pas chercher à rendre plus claire ou plus facile ma compréhension de ces notions, car cela dans mon cas personnel, c’est justement ces flous dans mes connaissances qui m’intéressent.

Mon savoir étant mis en déroute par ces questionnements, le Yin & Yang est alors pour moi un point de vue particulier sur les interprétations que je peux avoir.
Comme tout nouveau point de vue , il me faut :

  • me projeter dans un contexte qui n’est pas d’ordinaire le mien
  • en espérant avoir la faculté d’intégrer une vision aux paramètres plus ou moins inconnus
  • être capable d’observer mon regard initial (mon premier point de vue)
  • et être suffisamment attentif pour mettre en exergue les différences entre ces deux positions

Lorsque je souhaite comprendre une chose X (ou que cela se faite de manière automatique, car il s’agit d’une mécanique normale de l’esprit que d’observer par un point de vue personnel, satisfaisant et confortable), je peux me demander jusqu’à quel point mon mental tente de diviser, pour avoir une plus clair compréhension de X.

Comprendre X en le décortiquant, c’est cela l’exploration relationnelle.

Comprendre X en l’interprétant selon un point de vue Yin & Yang est, selon ma compréhension, l’affaire de considérer X comme n’étant jamais totalement différent, dissocié ou autre.