Tantrisme तन्त्र

Je lisais « Tantra », de Daniel Odier.

Il y racontait, sous forme romanesque, son parcours ardu pour trouver l’éveil en cherchant un maître tantrique. Je suivais ses déboires et tentais de me projeter au mieux dans les situations où lui-même poursuivait inlassablement son voyage.

Une fois découragé et qu’il eut abandonné sa quête par dépit, il rencontra enfin un maître tantrique. Cela me rappela ces sortes de maximes :

  • seulement lorsque l’on arrête la quête, celle-ci se réalise
  • le chemin et non l’objectif
  • tout abandonner, c’est tout trouver

Il commença alors son initiation auprès d’une femme, Devi, maître de tantrisme shivaite cachemirien…

Oui, le tantrisme a traits à la sexualité. Mais dans une pratique qui est très éloignée des aprioris que j’ai pu avoir. Je fus surpris de découvrir ce domaine dans ses fondements méditatifs, ses pratiques assidues et sa représentation du corps.

J’ai poursuivis le travail consistant à déconstruire mon savoir (préjugés) sur cette pratique, pour accueillir au mieux une compréhension « neutre », « nouvelle » du tantrisme.
Pour ce faire, j’ai appliquer sereinement et de manière le plus détaché possible, une écoute de mon corps.

Je me rappelle très bien la première fois où j’ai réalisé l’exercice d’avoir un orgasme, sans aucune stimulation tactile ni même érection et éjaculation, cela uniquement par la pensée et la respiration. Mise à part la sensation agréable due au plaisir (pourtant très différent par plusieurs aspect des plaisirs de la sexualité « ordinaire »), c’était surtout la surprise de constater les liens et la méconnaissance de ces liens entre le cors et l’esprit, qui me marqua le plus.

Les quelques écrits ou vidéos sur le sujet du tantrisme que je consultais par la suite ne me parlait que peu.

Voici comment l’exposer plus subtilement, selon mon expérience :

  • Il y a une saveur, un ressentit, une sorte de couleur propre au tantrisme qui se trouve être différent selon chaque pratiquant.
  • Vivre ou revivre ces sensations ne peux se faire que par la pratique, et non par la théorie ou la transmission de la pratique des autres.
  • Même si des liens théoriques sont faits entre le corps et l’esprit (pour faciliter la pratique), il n’est question que d’un seul tout pour être.
  • Quand l’abandon (lâcher prise, se détendre, l’éveil etc.) se produit, c’est alors une autre lecture de sa propre réalité qui survient.
  • Dans chaque nouvelle réalité, il devient possible de réitérer la pratique pour accéder à une autre et nouvelle perception.

Il ne m’est nullement pour objectif de suivre un maître particulier ni même de pratiquer tout les jours, assidûment, correctement, une quelconque forme de pratique tantrique.

À ma connaissance, il est souhaité que les pratiques et exercices de cette voie soient préférablement enseignées verbalement. L’idée d’avoir eu le livre de D. Odier entre les mains me fait penser qu’il s’agit d’une dérogation possible à une des règles implicites du tantrisme.

Implicite ? Après avoir l’occasion d’avoir un rapport au corps, des expériences sensoriels et des pensées complètements « dingues » (selon la grandeur du saut entre une expérience avant et après), je comprends qu’il faille être guidé dans son apprentissage pour que la discipline ne soit pas tronquée et ne détruise l’Être plus qu’elle ne le construise. Il en va de même pour beaucoup de discipline de la vie courante : travail, sport, relation, etc.

Ma démarche se veut difficile, mais j’y trouve beaucoup de satisfaction de par sa logique :

  • en explorant moi-même, je m’expose aisément plus aux erreurs et aux réussites
  • il n’est pas questions d’être une tête brûlée et que l’ego prenne le dessus pour que l’envie d’apprendre soit une priorité
  • il s’agit de parcourir à son rythme une pratique qui se veut vivante, de par son ouverture à l’autre (n’importe quelle chose)
  • par rythme s’entend celui qui émane d’une écoute attentive sur ce que l’on est

À l’heure actuelle, il m’est difficile de comprendre concrètement quelle place à le tantrisme dans ma vie, ma réalité.
Indissociablement lié à la notion de présent, ce dernier est pour moi l’essence même de cette pratique.

Le tantrisme, loin d’être identiques à mes idées préconçues en la matière, teinte maintenant quotidiennement mes pensées et mes actes dans des fonctionnement fondamentaux.