Philosophie Փ

Mon bagage philosophique n’est en rien académique et teinté d’études exhaustives des courants majeurs/mineurs, d’auteurs vedettes, contemporains ou antiques. Il découle de plusieurs années de réflexions et constats empiriques.

Lorsque j’ai lu l’Apologie de Socrate, je me souviens avoir instinctivement comprit à quelle finalité (compréhension subjective) la démarche maïeutique menait  :
savoir que l’on croit savoir (des choses) et découvrir que l’on ignorait que l’on savait (d’autres choses).

Je m’étonne encore d’observer avec quelle intensité l’esprit et la raison façonnent ma compréhension et sont capables d’édifier mon savoir.

Selon moi, la philosophie n’est pas :

  • donner un sens à un questionnement intérieur (Pourquoi la vie ? Pourquoi la mort ? Pourquoi le grille-pain est-il fait pour griller le pain ?).
  • tenter d’expliquer le fonctionnement de la logique, de la raison ou tout autres éléments étant capable de construire un savoir portant sur la mécanique de son esprit.
  • engendrer des envies et passions au travers d’une accumulation de connaissances (de soi ou de la « réalité »).
  • tendre vers un état supérieur au travers d’une quête sacrée.

En revanche, je ne sais pas ce qu’est la philosophie.
Lorsque je tente d’être en « philo-sophie » (amour de la sagesse), j’en arrive toujours à utiliser un seul et unique outil : la question.

Pour résumer : lorsqu’une réponse se profil dans un raisonnement, elle doit m’être remplacée par une question.

Savoir que l’on croit savoir
Par exemple : Le ciel existe (sans avoir possibilité de regarder maintenant par la fenêtre).

  • Comment sais-je que le ciel existe ?
    Je le sais, c’est tout.
  • Depuis quand le sais-je ?
    Je ne sais pas.
  • D’où me vient ce savoir ?
    Ma mémoire.
  • De quelle provenance extérieur ?
    Sûrement un professeur à l’école, un livre ou mes parents.
  • Ai-je besoin de valider mon savoir par un de mes sens en regardant par la fenêtre, pour constater le ciel présent ?
    Non, car je le sais sans cela.
  • Suis-je convaincu que mon savoir est correct ?
    Oui. Même si je ne saurais dire dans l’immédiat comment,pourquoi.
  • Que veut dire le mot « ciel » ?
    Cela désigne ce qui se trouve en l’air, qui n’est pas sur terre. (Il me faudrait un dictionnaire)
  • À partir de quel point, quelle limite, désigne-t-on le « sur terre » de « dans le ciel » ?
    Euh…je ne sais pas. Une limite, une hauteur en kilomètre ? Une densité en dioxyde de carbone ?
  • Qu’entend-on par « existe » ?
    …sans le ciel, il n’y aurait pas de protection contre les rayons du soleil. Non ? Pas de stock d’oxygène ? Le ciel n’est pas une entité propre, mais c’est le terme qui regroupe un ensemble de choses.
  • Quelles choses ?
    Euh….c’est trop long à énumérer !

Il n’est pas souhaité donner une réponse juste en se prouvant par une science ou un raisonnement logique que « le ciel existe », il est question ici de découvrir la consistance de son savoir.

Questionner, cela peut-être :

  • se rendre compte que notre savoir repose sur d’autres savoir et ainsi de suite.
  • aller farfouiller dans les abysses de ses croyances.
  • transposer le doute (peur) en doute (force).

Découvrir que l’on ignorait que l’on savait

En apparente opposition avec la démarche qui consiste à déconstruire son savoir, il est une connaissance qui apporte des explications : l’ignorance.

Dans la démarche philosophique que j’ai entrepris au fil du temps, j’ai comprit :
– qu’être dans un état spécifique (une disposition particulière de l’esprit) amène des découvertes différentes, selon la nature de cet état.
– qu’il se pouvait que déconstruire son savoir mène à une sensation étrange : se sentir vide, bête, creux.

Par exemple : respirer.
Je ne me pose jamais la question : sais-je respirer ? C’est un réflexe que j’ai depuis ma naissance.
Il m’est impossible de dire : j’ignore que je respire. Car je ressens ma respiration lorsque je cours plus vite que d’habitude, que j’avale de travers ou que j’ai un méchant rhume.

Questionner mon savoir permet de mettre en focalisation des savoirs subtiles, propre à ceux contenus dans mes réflexes quotidiens.

Respirer : je sais le faire. Je sais aussi que je n’en ai pas conscience (la plupart du temps).
Je sais donc quelque chose maintenant : c’est que je sais ne pas avoir conscience de savoir respirer.

Un état spécifique dont je parlais plus haut : être disposé à découvrir (des choses). Cela me permet de mettre le doigt sur un élément précis lors de la déconstruction de mon savoir, et d’en tirer un « nouveau » savoir : j’ignorais que je savais.